Participez à la journée d'étude "Temporalités dans l'administration publique française" !

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Le sujet des temporalités et de leurs multiples enjeux dans l’administration publique d’aujourd’hui et de demain fera l’objet, le vendredi 24 juin 2022, d’une journée de discussion organisée conjointement par la Chaire Gutenberg et l’Institut national du service public (INSP) dans les locaux strasbourgeois de l'établissement.
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Alors que les discours sur "l’accélération sociale" et "le manque de temps" sont légion et caractérisent notre monde contemporain, nous en savons pourtant encore très peu sur la manière dont ces phénomènes se manifestent dans les administrations publiques. La perception et l’expérience qu’ont les cadres de ces différents enjeux temporels restent floues, de même que leur façon de composer avec les défis que cela leur pose dans leur champ d’action et dans leur gestion.

Cet événement, organisé le vendredi 24 juin 2022 par l'INSP et la Chaire Gutenberg sur le thème "Temporalités dans l’administration publique française", réunira des chercheuses et chercheurs étudiant différentes thématiques liées aux temporalités selon des perspectives diverses et complémentaires. Il permettra également de construire, avec les participants, une compréhension large de ces questions de temporalités et d’animer une discussion sur les liens entre ces différentes thématiques et leurs enjeux afin d’ouvrir sur une prospective quant aux questions émergentes et à venir.

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Cette journée d’étude permettra également de présenter les résultats de l'enquête, conduite dans le cadre de la Chaire Gutenberg, financée par la région Grand-Est et l'Eurométropole de Strasbourg, par Isabelle Fortier (titulaire de la chaire) avec la collaboration d’Antonin Besch (en tant qu’assistant de recherche). Cette étude a été menée par le biais d’un questionnaire itératif en ligne, en trois tours, adressé à des cadres supérieurs de la fonction publique française (administration centrale, déconcentrée et territoriale). L’originalité de l’approche méthodologique, inductive et exploratoire, est qu’elle se fonde sur la co-construction de connaissances avec les acteurs concernés sur un certain nombre de thématiques générales liées à la temporalité, telles que : l’organisation du temps de travail et des activités, les effets temporels des dispositifs managériaux et des relations politico-administratives, les aspects technologiques, la communication et interactions, les pressions temporelles et l’accélération, le rapport au temps. Elle ouvre sur une problématisation des multiples enjeux de temporalités vécus par les acteurs.

Inscription (gratuite mais obligatoire)

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Informations pratiques

    Checklist
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    Quand ?

    Vendredi 24 juin 2022 (9h30 - 17h30)

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    Où ?

    INSP, 1 rue Sainte-Marguerite, Strasbourg

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    Une question ?

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Programme de la journée

  • Arrivée des participantes et participants et mot de bienvenue

  • 10h00 | Le temps de l’activité des cadres par Jens Thoemmes (CNRS/CERTOP)
    Cette section vise à interroger les différentes temporalités qui structurent l’activité des cadres, notamment le temps de travail, sa mesure et ses débordements. Nous cherchons à mieux comprendre les enjeux en s’appuyant sur l’expérience des cadres et ce qu’ils expriment à propos de leur vie professionnelle, que ce soit leur capacité à mener à bien leur mission, et les empêchements vécus en raison d’une pression temporelle, et les facteurs qui contribuent à des expériences différentes à cet égard. Ensuite nous nous focaliserons sur la fonction d’encadrement par les résultats d’une recherche récente sur le télétravail pour élargir le regard sur les temporalités du présentiel et du distanciel. Ces temps vécus montrent une nouvelle fragilité de l’encadrement pendant la pandémie. Enfin, nous conclurons sur quelques pistes permettant d’envisager une amélioration des difficultés qu’expérimente cette catégorie de salariés.

    10h20 | Droit et pratiques relatives aux temps et rythmes de travail dans la haute administration : les précisions du cadre légal et les enseignements des rapports d’information par Frédéric Edel (INSP - Institut national du service public)
    Que prévoit le droit et que sait-on des pratiques en matière de temps et rythmes de travail dans la haute administration ? Cette section vise d’abord à présenter le cadre législatif relatif au temps de travail des fonctionnaires – principalement quant à la durée légale annuelle, hebdomadaire ou journalière – et des hauts fonctionnaires en particulier, qui sont, quant à eux, soumis à un régime forfaitaire, lequel ne connaît pas, par définition, la notion d’heures supplémentaires. Elle s’attachera ensuite à présenter ce que l’on sait des pratiques effectives à partir des rapports d’information/enquêtes qui ont été établis ces dernières années, et tout particulièrement celles des agents occupant un poste d’encadrement supérieur dont la situation relative à la charge horaire de travail a pu être qualifiée, pour certains d’entre eux, de « préoccupante ».

    10h40 | L’incidence des outils numériques sur la cadence des activités des cadres et de leurs équipes par Sophie Bretesché (IMT Atlantique)
    Les outils numériques peuvent servir à la fois l’efficacité du travail des cadres et leurs communications et interaction avec leurs interlocuteurs internes et externes tout en devenant aussi chronophages et créer des contraintes temporelles et relationnelles complexes. Autonomie et dépendance peuvent se conjuguer en lien avec l’affranchissement des espaces spatio-temporels et le potentiel d’envahissement du temps personnel par la sollicitation permanente qu’ils facilitent. Nul besoin d’insister sur le fait que la période de la crise sanitaire a grandement accentué l’utilisation de ces outils pour maintenir de la continuité dans les activités en dépit des ruptures qu’elle a engendrées. Ce sont des questions qui seront abordées dans cette section de la thématique des formes temporelles du travail des cadres avec une considération des usages managériaux du numérique dans le fonctionnement des administrations.

    11h00 | Présentation des résultats de l’étude sur ce thème par Isabelle Fortier (ENAP-Montréal) et Antonin Besch (Chaire Gutenberg, INSP)

    11h20 | Discussion

  • Temps de pause déjeuner

  • 13h30 | Temporalité et changement dans la réforme de la haute fonction publique par Natacha Gally (Université Panthéon-Assas - CERSA)
    Cette communication propose de revenir sur la réforme en cours de la haute fonction publique en réfléchissant à la temporalité des changements à l’œuvre. Au-delà du discours politique qui présente la suppression de l’ENA, de l’accès direct aux grands corps, et la création du corps des administrateurs de l’État comme le fruit d’une entreprise volontariste d’un chef de l’État décidé à en finir avec un « système de rentes », nous montrerons comment cette réforme s’inscrit dans une double temporalité politique dont l’analyse permet d’éclairer à la fois ses conditions de possibilités et la nature des changements à l’œuvre. Le temps court de la construction d’un leadership politique s’articule ici avec celui, beaucoup plus long, des politiques de la haute fonction publique qui, depuis deux décennies déjà, dessinent graduellement une trajectoire d’ouverture du marché des hauts fonctionnaires.

    13h50 | La pression et le contrôle temporels exercés par les outils de gestion : la fin du New Public Management par Yvon Pesqueux (Cnam)
    La pandémie COVID-19 et maintenant le conflit armé en Ukraine ont conduit à la combinaison de temporalités courtes (de celles des réponses aux « vagues » à celle des réfugiés) et de temporalités longues (celle du développement durable, de l’indépendance énergétique et militaire par exemple) débouchant sur une conception de l’efficience largement différente de celle des horizons comptables issus de l’usage des outils de gestion qui constituait le socle du NPM. Par conséquent une ère post-NPM combinant des très « courts termes » et d’autres « longs termes » apparait aujourd’hui dans un monde où la « transformation numérique » a également modifié la substance de l’efficience des administrations et venant construire d’autres enjeux.

    14h10 | Les temporalités des processus décisionnels et des politiques publiques par Jean-Michel Eymeri-Douzans (Sciences Po Toulouse)
    Chronos, Kairos et Aiôn. Le temps en ses trois formes, ou les temporalités différenciées affectent le politique, la politique et les politiques publiques. Tout processus décisionnel public est pris dans le flux irrémédiable du temps qui passe, confronté à la temporalité disruptive des « fenêtres d’opportunité », aux prises aussi avec les effets à bas bruit de la longue durée institutionnelle, de l’historicité et des cycles de politiques publiques. La production et la mise en œuvre des politiques publiques – objets tant de « grands choix » que d’un flux de « petites » décisions – sont « temporelles » au plus haut point : car une politique publique est un processus (inscrit dans le temps), qui a l’ambition de constituer un programme (déployé dans la durée, selon un certain tempo) visant à produire des effets à terme. Or tous les programmes publics peuvent être soumis à l’apparition soudaine d’une conjoncture crisique/critique : la pandémie de Covid-19 ou le retour de la guerre sur le continent européen créent, de façon aléatoire dans le cours censément réglé des politiques publiques déployées selon des logiques quadriennales ou quinquennales de mandats, des conjonctures labiles où quantité de décisions doivent être prises « en grappe » sous le règne de l’urgence. De cela, comme des alternances électorales résultent des secousses et le rythme, le plus souvent saccadé, d’un gouvernement intermittent des grands enjeux d’action publique.

    14h30 | Présentation des résultats de l’étude sur ce thème par Isabelle Fortier (ENAP-Montréal) et Antonin Besch (Chaire Gutenberg, INSP)

    14h50 | Discussion

  • 15h15 | Distances et perspectives : les temporalités de l’administration face aux enjeux des transitions par Nicolas Fieulaine (Université de Lyon/Chaire « Innovation publique »)
    Les crises récentes, et pour certaines durables, qu’ont traversé les administrations, ont mis en lumière des enjeux profonds liés au rapport au temps dans l’action publique. Les modes de représentation du temps et de projection dans le temps ont été questionnés et les tensions dans les temporalités se sont révélées de manière sensible. Nous nous appuierons sur l’accompagnement d’un groupe de dirigeants d’administration pendant la crise sanitaire pour interroger et analyser la place des temps psychologiques et cognitifs dans la compréhension de l’action publique. Nous analyserons comment les horizons temporels induisent des modes de représentation et de décision qui marquent profondément les choix des administrations, et le rôle que jouent les effets de distance temporelle liés aux apparitions d’enjeux de court et de long terme. Nous partirons des travaux sur les modes de projection et de représentation du temps et dans le temps pour envisager les demandes et ressources psychosociales et cognitives nouvelles qu’induisent pour les administrations la montée des incertitudes et les impératifs de transition.

    15h35 | Présentation des résultats de l’étude sur ce thème par Isabelle Fortier (ENAP-Montréal) et Antonin Besch (Chaire Gutenberg, INSP)

    15h50 | Discussion et tour de table des panélistes
    Que nous apprennent les réflexions et les liens que nous avons pu faire entre les différentes thématiques et la variété des enjeux de l’administration publique lorsqu’analysés sous l’angle et la perspective temporelle ? Que nous ont appris à cet égard différentes situations qui ont été mises en lumière et en particulier la crise sanitaire dont nous sortons (peut-être) à peine ? Sans compter les perturbations majeures de la géopolitique mondiale. Comment se présente à nous le « monde de demain » dont on dit qu’il ne sera plus tout à fait le même, surtout en ce qui concerne le monde du travail et peut-être aussi celui plus spécifique de l’action publique et son administration ? Quelle prospective peut-on voir émerger ou encore imaginer pour mobiliser une action constructive ?

  • Mot de la fin, remerciements et cocktail de clôture de la journée d’étude

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Cet événement est conjointement organisé par l'INSP et la Chaire Gutenberg.      

Organisateurs :

  • Isabelle Fortier, titulaire de la Chaire Gutenberg et professeure titulaire à l'École nationale d'administration publique (ENAP) de Montréal ;
  • Antonin Besch, assistant de recherche à l'INSP/Chaire Gutenberg.

 

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